dimanche 4 avril 2010

une folie marseillaise

J'ai fait cette folie, j'ai acheté cette carte postale :


Vous vous rappelez certainement d'un article publié sur les cartes postales des intérieurs de la cité radieuse de Marseille vues dans un numéro d'Architecture d'Aujourd'hui.
Il s'agit de l'une d'elles.
Remarquable compromis stylistique, cette image nous donne bien une idée de la manière parfois stupéfiante dont les habitants prenaient en charge leur espace moderne.
On peut voir cela de deux manières.
Soit on se moque gentiment de l'incompréhension de l'habitant pour cet espace moderne, en le faisant passer pour un gentil rétrograde incapable de renoncer à son image d'un petit bonheur champêtre, soit on se dit que au contraire, cela est la preuve magistrale que cet espace fonctionne en permettant la projection du goût de tous dans un espace neutre, ouvert et disponible.
Ensuite... Le bonheur... On peut aussi se le choisir !
Ce qui m'étonne dans cette image au-delà de la présence de ce puits (!) dans un appartement dessiné par Le Corbusier c'est bien la qualité du travail de ferronnerie.
Oui.
Admirons par exemple la jolie petite grille au fond.

Est-ce là l'œuvre d'un habile habitant, ferronnier de métier, démontrant ainsi à tout visiteur ses capacités professionnelles au service d'un décor frais et printanier ou d'un habitant ayant simplement le besoin, le matin au réveil de se retrouver dans une allusion de jardin parfaitement évoqué par un puits fleuri et verdoyant ?
En tout cas la question du choix de cet appartement par l'éditeur de cartes postales reste ouverte.
Rien au dos de la carte ne nous permet de formuler une hypothèse. Ryner éditeur nous donne :
Le carrefour du monde, Marseille la cité radieuse, unité d'habitation, Le Corbusier architecte, Bar-salon et chambre d'enfants.
Pourtant dans l'appellation bar-salon on peut voir certainement une interprétation de l'éditeur car je ne crois pas que cet espace ait jamais été nommé ainsi par l'architecte.
Me trompé-je ?
Ce puits est donc un bar cachant de bonnes bouteilles. Là, devant la chambre ouverte des enfants, les parents venaient boire un Martini ou un Pastis (Marseille...) en regardant d'un œil traînant dans l'espace ouvert les enfants jouer sur la terrasse.
Là, c'est moi qui projette !
Mais comment en effet la sélection des appartements et des prises de vues furent effectuées ?
Un choix ironique, un choix didactique ?
Tout simplement un volontariat des habitants fiers de montrer et de diffuser le décor de leur vie ou la construction par quelques décorateurs de style de vie voulant ainsi se jouer des multiples capacités des lieux ?
Qui se souvient avoir visité à l'époque l'un de ces appartements ?

5 commentaires:

grossebourse a dit…

Salut david. Comme a chaque fois, je suis tout heureux de voir un article sur la cité radieuse( C'est a 1.5 km de chez moi !).
Voila donc un intérieur décoré. Oui.
Dommage qu'on ne puisse pas agrandir la carte.
C'est vrai que le décor ne semble un peu viellio. Mais bon, pour ma part, je m'en fou. Je suis actuellement en train d' évolué sur ma pensée. Je tend de plus en plus à penser que l'architecte est un dictateur car au final, il impose un espace. Un espace qui lui semble bien. C'est vrai, l'architecte n'impose-t-il pas au final SA vision des choses ?

J'ai lu "l'architecture de survie" de yona freidman (je te le conseille ). Lui pense que l'architecte doit être tout le monde. Il faudrait des megastructures où chacun conçoit son espace a son gout dans une zone donnée. Mais dans cette société, on ne peut pas c'est clair.

Animé peut être par cette culpabilité que je ressens moi aussi dans le fait que l'architecte "impose", il propose aussi que l'architecte, (celui qui a fait des études en architecture) devrait, dans les cas de commandes privée juste conseiller un client, exactement comme le fait un avocat.

Certes, j'aime les intérieurs du Corbusier mais je suis tout a fait content de voir que certaines personnes ne ce les sont pas approprier comme l'architecte penser le faire. Cela prouve bien que l'architecte a perdu sa mission : mettre à l'aise l'homme.

Et toi qu'en pense tu ? (ou vous si ya des gens qui vienne de lire)

Liaudet David a dit…

Oui c'est LA question de l'architecture.
Pour qui contruit-on ?
Je crois en tout cas que tes doutes sont les preuves de ta conscience et de cela l'architecture en a besoin.
Car finalement seules comptent également les expériences des lieux.
Yona Freidman est un bon exemple d'un désir d'autre chose, de plus libre certes.
Mais pour ma part je crois au programme et aux formes qui le résolvent. Et j'aime aussi éprouver l'espace.
Alors l'utopie parfois est juste de la réalité qui attend un peu plus longtemps...
Prends ton énergie, tes idées libertaires et construits avec !
Mais n'oublie pas d'apprendre, de voir et de parcourir, chose que tu fais déjà. Parcourir la ville et les espaces c'est un bon chemin.
Il n'y a pas de culpabilité à ressentir, juste ton droit à penser autrement. Ta conscience n'est pas calmée je crois...bâtie et rêve dessus ! Bon courage.

Nadege a dit…

Il me semble que c'est Yona Friedman, ceci dit c'est assez drôle de dire Freidman lorsque l'on rappelle que Frei signifie Libre (en allemand).

grossebourse a dit…

Eh bien justement il porte bien son nom :p Si il y a bien un architecte qui pense la liberté c'est bien freidman. non ?

grossebourse a dit…
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